Emilie Franceschin

A Propos

A propos du travail de la chorégraphe espagnole La Ribot, on a pu lire: « Les chaussures de la Ribot la portent doublement à l’immobilité, à l’horizontalité. Alors que ces accessoires devraient lui garantir quelques centimètres supplémentaires, littéralement de prendre de la hauteur, l’inverse se produit : la danseuse se dépose et reste à terre. »

 Contrairement à La Ribot, je tente de conserver, d’intensifier la verticalité. Dans une rythmique assez obsessionnelle, je mets en exergue le fait d’être à la hauteur en tant que femme. Ce corps évoluant dans un quotidien se retrouve à défier toutes sortes d’obstacles afin de prendre de la hauteur et de se surpasser. Le quotidien que je prends à travers corps, que je manie avec mes propres limites. Faire un pas de trop dans la réalité afin d’y jeter un autre regard peut être plus cruel mais aussi nécessairement plus drôle.

 Après une longue recherche qui conjuguait performance, représentation et fragilité de la chose dessinée, je me suis installée dans un ensemble complexe combinant ces différents éléments. Je questionne le corps féminin dans sa puissance cruelle. Par la performance, je le soumet aux parcours les plus difficiles et aux situations les plus violentes : je le contrains, mais le fait aussi contraindre aux autres corps. Ces performances donnent naissance à quantité d’images d’un humour grinçant – vidéo, photographies, dessins – dont l’accrochage, sans cesse modulable, devient autant de contrainte et de violence et met ces dernières en abîme.